Caméras et blogueurs au service de la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent au Tchad


Depuis juillet 2015, les attaques terroristes combinées avec les interventions de l’armée tchadienne dans la région du lac Tchad ont conduit à des vagues de réfugiés et de personnes déplacées qui selon les Nations unies portent le nombre total de personnes au Tchad touchées par la crise au Nigéria à plus de 80 000 depuis janvier 2015.

La plupart des personnes déplacées sont installées dans des sites spontanés. Ces personnes déplacées aussi bien que des communautés hôtes n’ont accès ou ont un accès très limité au lac et aux terres autour du lac ce qui a un impact important sur leurs moyens de subsistance.

Cette situation exacerbe les tensions entre les communautés et pourraient affecter la cohésion sociale. Par manque de ressources et d’occupation en raison d’un manque d’opportunités, les jeunes ainsi que les enfants sont plus enclins à être radicalisés et à intégrer la secte Boko Haram qui les attire en leur fournissant, entre autres, de la nourriture et/ou de l’argent.

L’engagement et la contribution des hommes de la communication face à la menace terroriste au Tchad

Comme annoncé dans un de mes récents articles j’ai intégré une structure audiovisuelle tchadienne en partenariat avec le programme des nations unies pour le développement (PNUD).

Pour avoir une expérience en matière de cinéma, j’ai rejoint une équipe technique de mise en œuvre de ce projet. Nous avions pour mission de réaliser six vidéos participatives dans trois régions du Tchad (N’Djamena, Lac Tchad et Logone Oriental).

Il s’agissait concrètement de réaliser des vidéos participatives avec les bénéficiaires du projet (ex-associés à Boko Haram, retournés/réfugiés/leaders religieux et communautaires, femmes, victimes de violences extrémistes, etc.).

La question que certains se poseront en lisant cet article serait : Qu’est-ce qu’une vidéo participative ? Pourquoi utiliser ce canal de communication de proximité ? Quel est sa plus-value dans le cadre des projets ? En quoi la communication pourrait contribuer à prévenir la radicalisation et l’extrémisme violent ?

Comprendre les fondements de la vidéo participative !

Une vidéo participative est un moyen technique qui accompagne un groupe communautaire à la recherche de solution à son problème. Elle implique la communauté faisant elle-même une vidéo en se basant sur son vécu quotidien pour produire des supports de sensibilisation communautaires de façon inclusive et participative afin d’inciter les populations aux changements de comportement.

De ce fait, la valeur ajoutée réside non pas dans la qualité de la vidéo, mais dans le processus de rapprochement des acteurs impliqués dans la mise en œuvre. La communication devient donc un outil de développement !

Comment nous y sommes pris ?

Les échos venant de l’université de N’Djamena sont entre autres les grèves, les manifestations violentes, etc. Comme un instrument éducatif, la vidéo participative peut être utilisée pour sensibiliser les étudiants à la non-violence et au changement de comportement.

L’information et la formation des étudiants :

Plusieurs séances d’information et de formation se sont déroulées au sein de la faculté des sciences exactes et appliquées de Farcha, sis à N’Djaména. Ces séances ont porté sur les objectifs du projet, de la vidéo participative et de sa finalité.

Elaboration et validation des thématiques :

Les thèmes ont été élaborés et validé en collaboration avec les étudiants. Le synopsis des vidéos a été présenté par un groupe d’étudiants, qui ont insisté sur la représentation de la réalité vécue par la jeunesse estudiantine tchadienne.

Restitution des vidéos

Les résultats des premières vidéos participatives mettant les étudiants en séance de tournage portant sur leurs réalités estudiantines ont été présentés en séance plénière. Les étudiants ont apporté leur observation afin de parfaire le produit final en se rassurant que les vidéos reflètent le vécu réel.

Les leçons apprises

  1. Les jeunes ont besoin d’un espace de libre échange pour évacuer les frustrations sociales
  2. La communication est un puissant outil pour rapprocher les acteurs sociaux autours d’un débat concernant les problèmes de société ;
  3. Les jeunes sont capables de se transformer en des acteurs de développement ;
  4. La radicalisation socio-politique peut-être endiguée par les jeunes qui constituent la force motrice des zones urbaines tchadiennes ;

Bientôt un article et des vidéos participatives avec les ex-associés à Boko Haram !

Pour plus d’informations sur notre travail dans le domaine de la radicalisation et de l’extrémisme violent au Tchad :

Facebook: https://www.facebook.com/pveTchad/

Youtube: PVE TCHAD

Blog: pvetchad.wordpress.com


Harif

A propos de Harif

Je suis africain d'origine tchadienne passionné des TICs et des nouveaux médias. Réalisateur, monteur video, infographiste et addict des nouvelles narrations.

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